
HISTOIRE
LE CHÂTEAU DES FONTAINIERS DU ROI

I. LE CHÂTEAU VIEUX DE TOMMASO FRANCINI
En 1566, en lieu et place de l'actuel château de Grand'Maisons, se trouve une maison du maître construite par Jehan Bertin, descendant de Guillaume Le Thelier, premier propriétaire connu des terres de Grand'Maisons selon les archives trouvées à cette heure.
En 1607, le fief de Grand'Maisons devient la propriété de la famille Francini, célèbres fontainiers florentins appelés à la Cour du Roi pour créer durant quatre générations, les jardins, cascades, bassins et jeux d'eau de Versailles, Saint Germain en Laye et Fontainebleau.
Tommaso Francini (appelé Thomas Francine en France, 1571-1651), intendant des fontaines et grottes du Roi, fondateur de la dynastie Francine en France, acquiert les terres de Grand'Maisons le 20 juin 1607, et avec lui commence une dynastie de 5 générations de Francini sur les terres de Grand'Maisons.
En 1611, Thomas Francine à fait reconstruire la maison des Berthin en un petit château, avec colombier portant les armes Francini.Il conçoit durant cette périodes des jeux d'eau et des cascades pour son jardin, dont la disposition est confirmée sur plans jusqu'en 1744.

Plan daté de 1744 du château de Grand'Maisons et de son jardin,
dessiné par Thomaso Francini
II. LIEU-DIT, SEIGNEURIE, PUIS COMTÉ
En 1633, le lieu dit de Grand’Maisons est inféodé à la châtellenie de Villepreux. Entre 1633 et 1645, Thomas Francine se porte acquéreur des dernières portions du lieu de Grand'Maisons, agrandissant son parc pour la création d'un grand jardin à la française.
En 1663, François Francine (1617-1688) , fils de Thomas, devient Seigneur de Grandmaison : il rend aveu de la terre de Grandmaison au seigneur châtelain de Villepreux, et
Avec Denis Jolly, ancien fontainier de Nicolas Fouquet à Vaux-le-Vicomte, François Francine conçoit en 1664-65 les jeux de la grotte de Téthys, sa première grande réalisation hydraulique à Versailles : des oiseaux chanteurs commandés par un orgue faisaient tomber ou jaillir l’eau en cascade ou en champignons. Détruite en 1676, la réputation de la grotte resta dans toutes les mémoires.
En 1667, il réalise trois réservoirs près de celui de la grotte pour alimenter les deux grands bassins de l’axe principal : Latone et Apollon.
En 1707, Son fils Pierre-François de Francine (1654-1720), intendant général des eaux et fontaines de France, est 1er comte de Villepreux : Il échange avec le roi Louis XIV sa ferme des Graviers située dans le parc de Versailles contre la seigneurie et châtellenie de Villepreux et la terre de la Hébergerie (excepté l’ancien château et parc des Gondy), et le 8 avril 1707, la seigneurerie de Villepreux est érigée en comté sous le nom de Villepreux en faveur de Pierre François de Francini.

Gravure représentant la Grotte de Thétys
III. LE CHÂTEAU NEUF DE FRANÇOIS-HENRY DE FRANCINE
En 1720, François Henry de Francine (1684-1731), fils de Pierre-Francois, également intendant général des eaux et fontaines de France et 2e comte de Villepreux, fait appel au service de l'architecte Jean-Baptiste Leroux pour dresser les plans d’un nouveau château à Villepreux, pour remplacer celui construit par Thomas de Francini vers 1610.
Jean-Baptiste Leroux suivra les travaux de construction jusqu’en 1731, date à laquelle la mort du comte de Villepreux interrompt le chantier.
Dès la fin de l’inventaire après décès du comte de Villepreux de nombreux créanciers se manifestent auprès du notaire et s’opposent à la clôture des scellés.
IV. LES CHASSES ROYALES DE LOUIS XV
En 1768, Son fils Thomas François Honoré de Francine (1724-1780), 3ème comte de Villepreux, intendant général des eaux et fontaines de France, n'a pas pu terminer la construction du château de Grand’Maisons et l’état de celui-ci continuant de se détériorer, il vend son domaine de Villepreux au roi Louis XV, qui en a passé commande à François Jean Marie Nardot, écuyer, ancien contrôleur général des finances, pour agrandir ses Chasses Royales qui comptaient déjà plus de 6.500 hectares.
Le château est alors incomplet et le domaine de la Couronne ne terminera pas non plus pas l'oeuvre de Jean-Baptiste Leroux.
Devant le besoin d’argent pour financer la campagne des Amériques, le Conseil d’Etat décide de démolir certains bâtiments, à défaut de pouvoir vendre lesdits biens de la Couronne car étant inaliénables.

Plan des Chasses Royales de Louis XV, Grand'Maisons en fait partie de 1768 à 1779
IV. LE SAUVETAGE PAR JEAN-FRANÇOIS HEURTIER
En 1779, un arrêt du Conseil autorise la vente par adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des matériaux à provenir de la démolition de fond en comble du château de Villepreux, sauf l’orangerie et le colombier. Les matériaux du château de Grand’Maisons à Villepreux sont adjugés à Jean François Heurtier, architecte du Roi et inspecteur général de ses bâtiments, demeurant à Versailles.
Mais ledit château ne sera jamais démoli et conservé dans son état.
Monsieur et Madame Heurtier font de nombreux aménagement dans leur château de Grand’Maisons à Villepreux, avant de le céder en 1802.

Jean Francois Heurtier et son épouse
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Plan de relevé du château datant de 1811
LE CHÂTEAU DES BERTINS DE VEAUX
I. MONSIEUR ET MADAME MERLIN
En 1811, le château de Grand’Maisons et ses dépendances sont vendus aux enchères devant le tribunal de 1ère instance du département de la Seine pour la somme de 28 050 francs, à Thomas Jean-Baptiste Merlin (1750-1826), collectionneur parisien, agent de change et esthète, qui avait épousé en 1808 Madame Marie-Françoise Boquet, veuve du dernier propriétaire de la Ferme de Grand'Maisons, ce qui permit de reconstituer l'ancien fief créé par les Francine.


Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin
peint en 1820 par Martin DRÖLING
Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin
peint en 1789 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON

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Madame Bocquet au Châle Vert,
peinte en 1804 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
Madame Merlin au Châle Jaune,
peinte en 1810 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
II. AUGUSTINE BERTIN DE VEAUX
En 1826, Thomas Jean- Baptiste Merlin lègue la totalité du domaine à sa filleule Augustine Bertin de Veaux (1780-1849) , fille de son épouse Marie-Françoise Boquet.
Augustine est l'épouse de Louis Francois Bertin dit Bertin de Veaux (1771-1842), journaliste et homme politique français, cofondateur du Journal des Débats avec son célèbre frères Louis François Bertin (dit Bertin l'Aîné).
Passionnés par le dynamisme politique et artistique de leur pays, les Bertins accueilleront au Château de Grand'Maisons des hôtes illustres tel Francois René de Châteaubriand.
Grands amateurs d'art, il existe un grand nombre de portraits de cette famille peints et dessinés au XIXème siècle par les plus grands artistes français de l'époque : Girodet, Ingres, Drölling, Schnetz, Lehmann. Ces portraits faisaient partie d'un ensemble d'oeuvres de grande qualité qui se trouvaient rassemblés au château jusqu'à leur cession en 2016.
En 1828, grâce aux archives des dépenses faites par Madame Bertin de Veaux au château de Grand’Maisons, nous savons qu'elle fit terminer la construction du château de Grand'Maisons, en s’inspirant du plan primitif que Jean-Baptiste Leroux avait dessiné pour le comte de Villepreux un siècle plus tôt.
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Madame Bertin de Veaux en buste,
peint en 1806 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
Madame Augustine Bertin de Veaux
peint en 1809 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON


Louis François Bertin de Veaux
dessiné en 1815 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
Louis François Bertin de Veaux
dessiné en 1815 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
François-René de Chateaubriand
peint en 1809 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON
Depuis 1826, le domaine s'est transmis de génération en génération aux descendants d'Augustine Bertin de Veaux, faisant de ce domaine un second fief familial sur plus de deux siècles.
À sa suite, les descendants d'Augustine Bertin de Veaux ont maintenu et complété l'oeuvre de restauration et d'embellissement du domaine de Grand'Maisons.
Celui-ci a traversé le XIXème siècle sans heur, choyé par ses propriétaires successifs :
Le Général Auguste Bertin de Veaux (1789-1879), fils d'Augustine Bocquet (1780-1849) et de Louis Francois Bertin dit Bertin de Veaux (1771-1842), officier de cavalerie et officier d'ordonnance du duc d'Orléans.

Auguste Bertin de Veaux
dessiné en 1815 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON

III. LE GÉNÉRAL BERTIN DE VEAUX
Le Général Auguste Bertin de Veaux
peint en 1845 par Jean Victor SCHNETZ
IV. LE COMTE ET LA COMTESSE ALPHONSE DE RAYNEVAL
Louise Sophie Bertin de Veaux (1826-1909), fille d'Auguste Bertin de Veaux et de Sophie Foucher, épouse d' Alphonse Gérard de Rayneval (1813-1858)

Louise de Rayneval
dessinée par Jean-Auguste-Dominique INGRES

Louise de Rayneval
dessinée en 1844 par Jean-Auguste-Dominique INGRES


Alphonse de Rayneval
dessiné en 1854 par Rudolf LEHMANN
Alphonse de Rayneval
dessiné en 1844 par Jean-Auguste-Dominique INGRES
Madeleine de Rayneval (1851- 1880) fille de Louise et Alphonse de Rayneval, épouse d'Henry Le Gouz de Saint Seine (1844-1915)
V. LE COMTE ET LA COMTESSE HENRY DE SAINT SEINE

Henry de Saint Seine
photographie vers 1875

Madeleine de Rayneval
photographie vers 1875
VI. LE COMTE ET LA COMTESSE THIBAULT DE SAINT SEINE
Thibault Le Gouz de Saint Seine (1872-1949), fils de Madeleine et Henry de Saint Seine, époux d'Anne de Truchis de Varennes (1875-1938)

Thibault de Saint Seine
photographie vers 1895

Anne de Truchis de Varennes
photographie vers 1895
VII. LE COMTE ET LA COMTESSE ROLAND DE SAINT SEINE
Simone Le Gouz de Saint Seine (1909-2010), fille de Thibault et Anne de Saint Seine, épouse de Roland Le Gouz de Saint Seine (1901-1974)

Simone et Roland de Saint Seine
photographie de mariage en 1929
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le château fût occupé par les troupes allemandes, qui se partagèrent les lieux avec les descendants d'Augustine qui résidaient sur place après avoir quitté Paris occupée. Le comte Roland de Saint Seine faisant acte de bravoure en cachant sur le domaine un aviateur anglais qui avait réussit à se parachuter dans les parages fut dénoncé. Roland fût envoyé dans les camps des Nazis, et connu la désolation de Natzweiler, Gross Rosen et Dachau. Il en revint vivant, et fût honoré de la croix de la Légion d'honneur.
Témoignage du Capitaine Roland de Saint Seine
Au sortir de la guerre, Simone de Saint Seine et son mari le Comte Roland de Saint Seine rénovèrent et réaménagèrent le château et y démarrèrent, précurseurs, une activité de séminaire résidentiel.
VIII. LE COMTE LUC DE SAINT SEINE
Luc Le Gouz de Saint Seine (1938-2012) , fils de Simone et Roland de Saint Seine, grand passionné d'architecture et de belles pierres, réaménagea à partir des années 1970 et durant près de 40 années le corps de ferme Grand'Maisons, pour y créer un magnifique lieux de réceptions qui accueillit plusieurs milliers de réceptions.

Comte Luc de Saint Seine
photographie vers 1960

Comte Luc de Saint Seine
photographie en 2004
IX. LUTZ & VICTOIRE LIEBRECHT DE SAINT SEINE
Aujourd'hui, c'est sa fille Victoire Le Gouz de Saint Seine et son mari Lutz Liebrecht qui gèrent le domaine et continuent les travaux d'aménagement, de rénovation et d'entretien de ce fabuleux morceaux d'Histoire de France...


