top of page

HISTOIRE

LE CHÂTEAU DES FONTAINIERS DU ROI

Plan du domaine de Grand'Maisons - 1687
I. Le Château Vieux : de la dynastie des Francini à la fin d'un règne
Plan du domaine de Grand'Maisons - 1687

En 1607, le fief de Grand'Maisons devint la propriété de la famille Francini, célèbres fontainiers florentins appelés à la Cour du Roi pour créer durant quatre générations, les jardins, cascades, bassins et jeux d'eau de Versailles, Saint Germain en Laye et Fontainebleau.

C'est Tommaso Francini (appelé Thomas Francine en France, 1571-1651), intendant des fontaines et grottes du Roi, fondateur de la dynastie Francine en France, qui acquiert les terres de Grand'Maisons le 20 juin 1607 .

Il s'y trouve une maison du maître construite par Jehan Bertin, descendant de Guillaume Le Thelier, premier propriétaire connu des terres de Grand'Maisons selon les archives trouvées à cette heure, datant de 1566.

Voici le descriptif des lieux tels qu'il les acquiert

(…)deux corps dhostel se consistant en deux cuisines et deux salles basses, quatre chambres haultes, grenier dessus et cave dessoubz, lesditz lieux couvertz de thuilles,(...)…cest assavoir la quatriesme partye dune maison et lieu se consistant en trois

travées de fondz en comble, les lieux comme ilz se poursuivent et comporte et estant de présent caduque en péril de ruyne et inhabitable siz audit terrouer de Villepreux lieudit le Cloz Poullain et aultrement les Grandz maisons(…)

Thomas Francine reconstruit dès lors la maison des Berthin en un petit château, avec colombier portant les armes Francini et la date de 1611.

En 1633 le lieu dit de Grand’Maisons est inféodé à la châtellenie de Villepreux. Entre 1633 et 1645, Thomas  Francine se porte acquéreur des dernières portions du lieu de Grand'Maisons, agrandissant son parc pour la création d'un grand jardin à la française.

 

Il conçoit durant cette périodes des jeux d'eau et des cascades pour son jardin, dont la disposition est confirmée sur plans  jusqu'en 1744 :

François Francine (1617-1688) , fils de Thomas, également intendant des eaux et fontaines en 1651, rend aveu de la terre de Grandmaison au seigneur châtelain de Villepreux, et devient Seigneur de Grandmaison en 1663. 

Avec Denis Jolly, ancien fontainier de Nicolas Fouquet à Vaux-le-Vicomte, François Francine conçoit en 1664-65 les jeux de la grotte de Téthys, sa première grande réalisation hydraulique à Versailles : des oiseaux chanteurs commandés par un orgue faisaient tomber ou jaillir l’eau en cascade ou en champignons. Détruite en 1676, la réputation de la grotte resta dans toutes les mémoires.

En 1667, il réalise trois réservoirs près de celui de la grotte pour alimenter les deux grands bassins de l’axe principal : Latone et Apollon.

La Grotte de Téthys

Son fils Pierre-François de Francine (1654-1720), intendant général des eaux et fontaines de France, est 1er comte de Villepreux en 1707 : Il échange avec le roi Louis XIV sa ferme des Graviers située dans le parc de Versailles contre la seigneurie et châtellenie de Villepreux et la terre de la Hébergerie (excepté l’ancien château et parc des Gondy), et le 8 avril 1707, la seigneurerie de Villepreux est érigée en comté sous le nom de Villepreux en faveur de Pierre François de Francini.

 

François Henry de Francine (1684-1731), fils de Pierre-Francois, également intendant général des eaux et fontaines de France et 2e comte de Villepreux, fait appel en 1720 au service de Jean-Baptiste Leroux, architecte du Roi, pour dresser les plans d’un nouveau château à Villepreux, pour remplacer celui construit par Thomas de Francini vers 1610. Jean-Baptiste Leroux suivra les travaux de construction jusqu’en 1731,  date à laquelle la mort du comte de Villepreux interrompt le chantier.

Dès la fin de l’inventaire après décès du comte de Villepreux de nombreux créanciers se manifestent auprès du notaire et s’opposent à la clôture des scellés. 

Son fils Thomas François Honoré de Francine (1724-1780), 3ème comte de Villepreux, intendant général des eaux et fontaines de France , ne termine pas la construction du château de Grand’Maisons et l’état de celui-ci continua de se détériorer.

En 1768, Thomas de Francine vend son domaine de Villepreux au roi Louis XV, qui en a passé commande à François Jean Marie Nardot, écuyer, ancien contrôleur général des finances, pour agrandir ses Chasses Royales qui comptaient déjà plus de 6.500 hectares. 

Le château est alors incomplet et le domaine de la Couronne ne terminera pas non plus pas l'oeuvre de Jean-Baptiste Leroux.

Devant le besoin d’argent pour financer la campagne des Amériques, le Conseil d’Etat décide de démolir certains bâtiments, à défaut de ne pas pouvoir vendre lesdits biens de la Couronne car étant inaliénables. 

Plan du Grand Parc des Chasses Royales 1685
II. LE CHÂTEAU NEUF : de l'architecte du Roi à la lignée des Bertin de Veaux

En 1779, un arrêt du Conseil autorise la vente par adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des matériaux à provenir de la démolition de fond en comble du château de Villepreux, sauf l’orangerie et le colombier. Les matériaux du château de Grand’Maisons à Villepreux sont adjugés à Jean François Heurtier, architecte du Roi et inspecteur général de ses bâtiments, demeurant à Versailles.

Mais ledit château ne sera jamais démoli et conservé dans son état.  

Monsieur et Madame Heurtier font de nombreux aménagement dans leur château de Grand’Maisons à Villepreux, avant de le céder en 1802.

 

Jean-François Heurtier et son épouse
Plan du château de Grand'Maisons de  1775 - cote P2228 A

En 1811, le château de Grand’Maisons et ses dépendances sont vendus enchères devant le tribunal de 1ère instance du département de la Seine pour la somme de 28 050 francs, à Thomas Jean-Baptiste Merlin (1750-1826), célèbre collectionneur parisien, agent de change et esthète, qui avait épousé en 1808 Madame Marie-Françoise Boquet, veuve du dernier propriétaire de la Ferme de Grand'Maisons, ce qui permit de reconstituer l'ancien fief créé par les Francine. Grand amateur d'art, il existe un grand nombre de portraits de lui et de sa famille peints par les plus grands artistes français de l'époque, dont voici quelques exemples:

Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin, par Dröling
Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin, par Girodet

Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin
peint en 1820 par Martin DRÖLING

Monsieur Thomas-Jean-Baptiste Merlin
peint en 1789 par Anne-Louis GIRODET-TRIOSON

Madame Bocquet au Châle Vert, par Girodet
Madame Merlin au Châle Jaune, par Girodet

Thomas Jean- Baptiste Merlin lègue en 1826 la totalité du domaine à sa filleule Augustine Bertin de Veaux (1780-1849) , fille de Marie-Françoise Boquet, épouse de Louis Francois Bertin dit Bertin de Veaux (1771-1842), journaliste et homme politique français, cofondateur du Journal des Débats avec son frères ainé Louis François Bertin (dit Bertin l'Aîné). C'est par leur entremise que le Château de Grand'Maisons d'accueillir des hôtes illustres tel Francois René de Châteaubriand.​​

Depuis 1826, le domaine s'est transmis de génération en génération aux descendants d'Augustine Bertin de Veaux, faisant de ce domaine un second fief familial sur plus de deux siècles. 

Grâce aux archives des dépenses faites par Madame Bertin de Veaux au château de Grand’Maisons, nous savons que c'est elle qui fit terminer la construction du château de Grand'Maisons en 1828en s’inspirant du plan primitif que Jean-Baptiste Leroux avait prévu pour le comte de Villepreux un siècle plus tôt.

Madame Augustine Bertin de Veaux par Girodet
Madame Augustine Bertin de Veaux par Girodet
Louis-François Bertin de Vaux par Girodet
François-René de Chateaubriand par Girodet
Le Général Auguste Bertin de Veaux
Auguste Bertin de Veaux

Depuis, les descendants d'Augustine ont maintennu et complètent l'oeuvre de restauration et d'entretien du domaine de Grand'Maisons.

Celui-ci a traversé  le XIXème siècle sans heur, choyé par ses propriétaires successifs :

- Auguste Bertin de Veaux (1789-1879), fils d'Augustine Bocquet (1780-1849) et de Louis Francois Bertin dit Bertin de Veaux (1771-1842), journaliste et homme politique français, cofondateur du Journal des Débats avec son frères ainé Louis François Bertin (dit Bertin l'Aîné).

​permettant à cette occasion au Château de Grand'Maisons d'accueillir des hôtes illustres tel Francois René de Châteaubriand.

- Louise Sophie Bertin de Veaux (1826-1909), fille d'Auguste Bertin de Veaux et de Sophie Foucher, épouse d' Alphonse Gérard de Rayneval (1813-1858)

Louise de Rayneval

Louise de Rayneval
dessinée  par Jean-Auguste-Dominique INGRES

Alphonse de Rayneval

Alphonse de Rayneval
dessiné en 1854 par Rudolf LEHMANN

Louise de Rayneval

Louise de Rayneval
dessinée en 1844 par Jean-Auguste-Dominique INGRES

Alphonse de Rayneval dessiné par Ingres 1844.png

- Madeleine de Rayneval (1851- 1880) fille de Louise et Alphonse de Rayneval, épouse d'Henry Le Gouz de Saint Seine (1844-1915)

Henry de Saint Seine
Madeleine de Rayneval

Henry de Saint Seine et Madeleine de Rayneval
photographies vers 1875

- Thibault Le Gouz de Saint Seine (1872-1949), fils de Madeleine et Henry de Saint Seine, époux d'Anne de Truchis de Varennes (1875-1938)

Thibault de Saint Seine
Anne de Truchis de Varennes

Thibault de Saint Seine et Anne de Truchis de Varennes
photographies vers 1895

-Simone Le Gouz de Saint Seine (1909-2010), fille de Thibault et Anne de Saint Seine, épouse de Roland Le Gouz de Saint Seine (1901-1974)

Simone et Roland de Saint Seine

Simone et Roland de Saint Seine
photographie de mariage en 1929

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le château fût occupé par les troupes allemandes, qui se partagèrent les lieux avec les descendants d'Augustine qui résidaient sur place après avoir quitté Paris occupée. Le comte Roland de Saint Seine faisant acte de bravoure en cachant sur le domaine un aviateur anglais qui avait réussit à se parachuter dans les parages fut dénoncé. Roland fût envoyé dans les camps des Nazis, et connu la désolation de Natzweiler, Gross Rosen et Dachau. Il en revint vivant, et fût honoré de la croix de la Légion d'honneur.

Témoignage du Capitaine Roland de Saint Seine

 

Au sortir de la guerre, Simone de Saint Seine et son mari le Comte Roland de Saint Seine rénovèrent et réaménagèrent le château et y démarrèrent, précurseurs, une activité de séminaire résidentiel.

Luc Le Gouz de Saint Seine (1938-2012) , fils de Simone et Roland de Saint Seine,  grand passionné d'architecture et de belles pierres, réaménagea à partir des années 1970 et durant près de 40 années le corps de ferme Grand'Maisons, pour y créer un magnifique lieux de réceptions qui accueillit plusieurs milliers de réceptions.

Comte Luc de Saint Seine
Comte Luc de Saint Seine

Aujourd'hui, c'est sa fille Victoire Le Gouz de Saint Seine et son mari Lutz Liebrecht qui gèrent le domaine et continuent les travaux d'aménagement, de rénovation et d'entretien de ce fabuleux morceaux d'Histoire de France...

Comte Luc de Saint Seine

Lutz & Victoire Liebrecht de Saint Seine

Lutz & Victoire Liebrecht de Saint Seine

L’histoire du domaine de Grand’Maisons à Villepreux a pu être reconstituée depuis la fin du 16e siècle jusqu’au milieu du 19e par le biais de nombreux articles écrits sur Villepreux et par la consultation aux archives nationales des archives de la maison du Roi et du domaine de Versailles (Séries O), des archives de la chambres des comptes de Paris (série P) et du minutier central des notaires parisiens ainsi que par la consultation des archives départementales des Yvelines.

bottom of page